Cette semaine nous recevons Jean-Yves LE GALLOU. Intellectuel et homme politique, il a toujours voulu être un médiateur entre la droite parlementaire et la droite dite « extrême ». Cofondateur du Club de l’Horloge, instigateur du site internet POLEMIA, bien connu pour ses analyses politiques, et depuis deux ans patron d’émission de Radio Courtoisie où il dirige le bulletin de ré-information.
Nous le remercions d’avoir répondu à nos questions.

GENERATION FA8 : Bonjour. Tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours intellectuel et politique ?
40 ans de participation au débat d’idées : du Club de l’Horloge à Polémia. 20 ans dans la vie politique notamment comme député européen et président de groupe (FN puis MNR) au Conseil régional d’Ile de France. Au sein du FN des responsabilités sur les élus et les argumentaires. J’ai aussi publié pas mal d’ouvrages dont : La Préférence nationale : réponse à l’immigration et Le défi gaulois : carnets routes en France réelle. Pour en savoir plus : http://www.jylg.com/. Vous y trouverez quelques photos qui illustrent ma vision du monde et des paysages.
GENERATION FA8 : Qu’est-ce que POLEMIA ? Un club de pensée ? Un groupe de pression ? Quels sont ses moyens et ses ambitions ?
Polémia, c’est un club de pensée sur Internet. C’est aussi un site-source qui vise à nourrir la réflexion des patriotes, des nationaux et des identitaires par delà les clivages. Nous ne conduisons pas d’actions à proprement parler mais nous avons vocation à fournir des munitions intellectuelles sur les grands sujets. De la critique des médias à la défense de l’identité française Voir par exemple. « Qu’est-ce qu’être français » : http://www.polemia.com/article.php?id=2475.
GENERATION FA8 : Vous êtes patron d’émission à Radio Courtoisie. Comment définiriez-vous cette radio ? Selon vous, doit-elle connaître des évolutions, et si oui, lesquelles ?
Radio Courtoisie est un formidable outil de liberté et de culture. Et ce depuis près de 25 ans. La Radio se renouvelle constamment dans le respect de ses principes fondateurs. De nouvelles générations accèdent aussi à l’antenne : plus de la moitié des « réinformateurs » ont moins de trente ans. Et le lundi, à 7h15, l’un des chefs d’antenne suppléant est un étudiant en histoire- brillant- qui a moins de 20 ans.
L’avenir de Radio Courtoisie passe évidemment par Internet et la diffusion de la radio à la demande (« podcast »).
GENERATION FA8 : Vous avez quitté – avec beaucoup d’autres – le Front National. Comment jugez-vous l’évolution de ce mouvement depuis votre départ ? Pourra-t-il à terme remporter les élections présidentielles ?
Il ne faut pas se laisser piéger par une vision théâtralisée de la politique : les élections présidentielles ne sont pas l’alpha et l’oméga du changement. Aujourd’hui, ce sont les médias, donc le politiquement correct, qui contrôlent l’élection présidentielle. Il n’y a donc pas grand-chose à en attendre. Il faut d’abord changer de logiciel idéologique ; sortir de l’idéologie unique (mondialisme et libre-échangisme + « antiracisme » + rupture de la tradition) ; briser la tyrannie médiatique et abattre le mur de l’information. Plus que celui des partis, c’est le travail de la réinfosphère. Je crois comme Dominique Venner que l’histoire est le fruit de l’inattendu. L’inattendu arrivera et bouleversera la donne. Ce qu’il faut, c’est faire vivre et développer des réseaux de réflexion et d’actions qui se mobiliseront le moment venu.
GENERATION FA8 : Jean-Marie LE PEN vient d'annoncer qu'il ne se représentera pas, ni à la présidence de son parti, ni à l'élection présidentielle de 2012. Pensez-vous que le moment est venu d'établir un bilan de l'action du président LE PEN ? Et si oui, pouvez-nous nous dire ce que vous retiendrez personnellement de cette longue période de la vie politique française ? Ou bien, trouvez-vous qu'il est prématuré de faire ce bilan ?
En positif : un grand courage, le refus de « plier », la force de porter l’expression de ceux qui refusent la fatalité de l’immigration et qui n’acceptent pas le putsch démographique et biologique que vise à permettre le mouvement migratoire.
En négatif, la destruction, à la fin des années 1990 et dans les années qui ont suivi, d’un appareil enraciné susceptible d’être un contre-pouvoir au pouvoir médiatique.
GENERATION FA8 : La liberté d’expression est menacée depuis des années. L’Etat républicain et démocrate a enrichi depuis les années 70 l’arsenal juridique pour réprimer la libre expression. Aujourd’hui la vindicte médiatique joue les supplétifs du système politique dominant, donc du politiquement correct. Ceci est-il préjudiciable pour le débat des idées ? Comment lutter sérieusement contre le politiquement correct sans encourir les foudres du système médiatique ?
Internet ! Internet ! Internet !
En quarante de combat politique et idéologique, l’apparition d’Internet a été pour moi la meilleure nouvelle.
Internet a bousculé la pensée unique sur la grippe AH1N1, le catastrophisme climatique, et bien sur lors du débat sur l’identité nationale.
La réinfosphère peut tuer la médiasphère.
Il faut poursuivre l’entreprise de décrédibilisation des grands médias. C’est notamment l’objet des « Bobards d’or » : montrer que presse écrite et télévisions fonctionnent sur les média mensonges. http://polemia.com/bobardor/index.html
GENERATION FA8 : Le système politique est verrouillé. Les élections passent et repassent, la situation de notre pays empire jour après jour, mais les mêmes sont élus. Le fait de se présenter aux élections présente-t-il un intérêt quand nous savons que le jeu est biaisé ? Or, ne faudrait-il pas dépenser l’argent et concentrer les énergies dans d’autres activités ?
C’est une erreur majeure de réduire le combat politique au combat électoral.
Mais c’est une erreur symétrique de nier l’utilité du combat électoral : l’élection permet aussi de faire connaître ses idées ; elle peut aussi donner des moyens d’accès à la parole, voire à l’action, supplémentaires.
GENERATION FA8 : Alain SORAL, avec son association Egalité et Réconciliation a bâti une doctrine résumée par le slogan « Gauche du travail, droite des valeurs. Pour une réconciliation nationale » Qu’en pensez-vous ? De manière générale est-il possible de fonder un mouvement politique de gauche nationale ?
Le clivage essentiel n’est pas le clivage droite /gauche bien artificiel aujourd’hui. Le clivage essentiel c’est le clivage identitaires contre mondialistes, peuples contre super classe mondiale. La formule de Soral est belle mais imaginer comme il l’a fait voir voter ensemble les Français de souche et les banlieues de l’immigration c’était méconnaître le B.a.ba de la politique !
GENERATION FA8 : Quel sera votre mot de la fin ?
Venez découvrir Polémia sur son site : http://www.polemia.com/index.php et venez assister à la cérémonie des bobards d’or. Rendez vous, mardi 20 avril à 20h15, 8 rue d’Athènes, 75009 Paris. Inscription sur polemia1@gmail.com.
Propos recueillis en avril 2010.
Les réponses n’engagent que leurs auteurs et non notre organisation.
Nos entretiens peuvent être repris en citant la source.