Nous interrogeons Madame BOURGES qui est la présidente de l’Association pour la protection de l’Enfance. Elle a écrit le livre qui porte le titre suivant : L'homoparentalité en question, et l'enfant dans tout cela ?
L’adresse du site de l’association : http://www.protection-enfance.fr/
GENERATION FA8 la remercie d’avoir répondu à nos questions.
GENERATION FA8 : Bonjour, tout d’abord serait-il possible que vous vous présentiez à nos lecteurs ne vous connaissant pas encore ? De même pourriez-vous nous décrire rapidement votre parcours associatif ?J’ai démarré ma carrière professionnelle dans une association humanitaire.
Passionnée par la politique et les questions de société, j’ai été attachée d’un groupe politique dans un Conseil Général puis attachée parlementaire. J’ai ensuite rejoint le monde de l’entreprise en étant tout d’abord Directeur des relations institutionnelles puis Secrétaire Générale d’une Fédération de chefs d’entreprise.
En 2002, j’ai fondé une association, « Audace et Responsabilité », dont je suis présidente et qui a pour but de participer à la rénovation de la vie politique par des travaux de réflexion, de formation et d’information.
En janvier 2007, durant la campagne pour les élections présidentielles, j’ai créé l’Association pour la Protection de l’Enfance (http://www.protection-enfance.fr/) qui a pour objet la protection des enfants, des adolescents et des jeunes en soutenant toute initiative qui a pour but la défense de l'intérêt supérieur des enfants tel que contenu dans la convention internationale pour les Droits de l'enfant adoptée par les Nations-Unies le 20 novembre 1989.
J’ai publié un ouvrage en Mai 2008 : L’homoparentalité en question – Et l’enfant dans tout ça ? (Editions du Rocher). Ce livre cherche à faire comprendre comment on peut, par quelques arguments simples, contrer une pensée dominante et qui, pourtant, est tout à fait minoritaire.
GENERATION FA8 : Comment est née votre association ? Quels sont vos moyens et objectifs ?
Durant la dernière campagne pour les élections présidentielles, lorsque j’ai entendu tous les candidats, ou presque, céder aux sirènes des militants gays sur les sujets touchant à l’union homosexuelle et à l’homoparentalité, je me suis sentie viscéralement interpellée. Ces sujets, qui pourtant ne concernent qu’une partie infime de la population, étaient soudainement devenus centraux.
Après avoir rencontré un très grand nombre de personnes, professionnels de l’enfance, psychologues, psychiatres, pédiatres, philosophes etc…, je me suis rendue compte que l’immense majorité d’entre eux étaient opposée à l’homoparentalité. Ces rencontres très diverses m’ont décidée à passer l’action et à créer une association.
Nous nous sommes donnés comme premier objectif, une parfaite visibilité sur internet. Nous avons créé un site (http://www.protection-enfance.fr/) présentant des arguments, des témoignages, des chiffres etc…, très facilement accessibles et compréhensibles. Ce site est destiné à ceux qui cherchent à avoir une information autre que celle fournie par les militants gays.
J’ai ensuite écrit un livre « L’homoparentalité en question- Et l’enfant dans tout ça ? » publié en Mai 2008 aux Editions du Rocher afin de vulgariser tous ces arguments.
Nous avons également décidé de créer un collectif, « le collectif pour l’enfant », qui rassemble des dizaines d’associations qui vont dans le même sens, afin de peser sur les pouvoirs publics.
GENERATION FA8 : Depuis le lancement de votre combat, quels ont été les facteurs d’espoir ? Et de désespoir ?
Facteurs d’espoir :
Les gens sont très réceptifs et prêts à collaborer au collectif. Des associations nous rejoignent dans toute la France. Nous sommes maintenant un interlocuteur officiel du gouvernement sur tous les sujets qui touchent à l’homoparentalité.
L’arrêt de la cour de cassation tout récent concernant l’affaire de Christian Vanneste est très encourageant, de même que l’amendement 8 adopté par référendum en Californie demandant à ce que soit inscrite dans la constitution l’interdiction du mariage homosexuel, contredisant ainsi une décision de la Cour suprême.
Je n’ai pas de facteur de désespoir. Je ne me pas me le permettre, sinon j’arrête tout !!
GENERATION FA8 : Quelles sont vos méthodes pour contribuer à la victoire de vos idées ? Pourriez-vous nous décrire rapidement votre plus grande action ?
Comme indiqué plus haut, nous avons monté un collectif qui augmente de jour en jour.
Nous faisons du lobbying auprès des pouvoirs publics (ministères, parlementaires) et nous sommes reconnus comme un interlocuteur officiel.
Je fais beaucoup de conférences dans la France entière et je suis invitée par quelques médias.
Aucune action éclatante !! Plutôt un travail discret et rigoureux, c’est plus dans mon tempérament…
GENERATION FA8 : Sous la pression des lobbys, la législation évolue très rapidement, nous pouvons dire trop rapidement. Des lois sont votées dont les conséquences sont des bombes à retardement. Le terme homoparentalité, qui est en soit une aberration, fini par être accepté par la plupart des Français comme une évolution normale, sans voir la conséquence sur le psychisme des enfants issus de ces pratiques, qui relèvent de la technique et non plus de la nature humaine. Que pensez-vous de cette évolution de la législation ?
C’est vrai, les mots ont beaucoup d’importance et la force des lobbys est de créer des mots très simples afin de banaliser les idéologies qui se cachent derrière et de les faire accepter plus facilement.
En ce qui concerne l’homoparentalité, indépendamment d’être une aberration, le terme est très ambigu car les enfants concernés sont, presque toujours issus d’un homme et d’une femme (sauf dans le cas de la PMA) qui ont découvert leur homosexualité tardivement et qui se sont séparés. Leur procréation ne relève donc pas de la technique mais bien de la nature humaine. Ces enfants sont élevés dans un couple homosexuel mais ils ont bien un père et une mère et non pas des « homoparents » comme on voudrait nous le faire croire. Le but est de faire croire qu’il y a de très nombreux « homoparents » afin de rendre une législation comme inéluctable. Il est très important de bien expliquer tout ça afin de ne pas se laisser influencer par des mots ou des chiffres inexacts.
Concernant la législation, au début de l’année 2009 devrait être examiné au Parlement un projet de loi sur le statut du tiers qui aurait pour but de faciliter la vie quotidienne des personnes vivant avec le parent qui a la garde de l’enfant, qu’elles soient homosexuelles ou non. Cette loi est inutile puisqu’il en existe déjà une du 4 mars 2002. C’est une loi qui est fortement réclamée par les homosexuels.
GENERATION FA8 : L’individualisme et le « droit à » ont permis à tout individu de revendiquer la possession (car il s’agit bien de cela) d’un enfant. Tous les comportements étant « égaux », la nature doit se plier aux fantasmes de chacun sous peine de discrimination. L’Europe de Bruxelles, comme l’ONU, tendent à faire pression sur les Etats pour que le « gender » devienne la règle de différenciation, assurant l’égalité homme-femme. Les milieux homosexuels sont les principaux propagandistes de cette idéologie qui va dans le sens de leurs revendications. Nous avons l’impression que rien ne peut arrêter cette vague ? Que pensez-vous de ce nouveau postulat ?
Il ne fait jamais dire jamais !! La Vérité finit toujours par l’emporter…. Cela dit, on a en effet toutes les raisons d’être inquiets car la théorie du gender avance à grand pas et de façon subversive. Elle est dévastatrice. Mais, malgré tout, beaucoup de gens en sont bien conscients et luttent avec acharnement. Le balancier reviendra vers nous, sans aucun doute. Mais plus nous affirmerons nos convictions sereinement et sans complexe, plus nous accélérerons ce retour.
Quant au « droit à », vous avez raison. A ceux qui disent, « j’ai droit à un enfant » en vertu du principe de la non discrimination, je réponds « Et l’enfant, c’est vous qui décidez s’il a un droit à un père ET une mère ? ». Les adultes décident arbitrairement qu’un enfant n’a pas le droit d’avoir un père ou n’a pas le droit d’avoir une mère. Car avoir, deux « pères », c’est n’avoir pas de mère et avoir deux « mères », c’est n’avoir pas de père. Et ça, ce n’est pas discriminant ?
GENERATION FA8 : Nous savons aujourd’hui que pour faire passer la loi sur l’interruption volontaire de grossesse les chiffres ont été grossis volontairement. Il semble que le même processus soit en cours pour l’adoption des enfants par les couples homosexuels. Quel est votre avis ?
Pour faire passer le PACS, le même procédé a été utilisé. C’est une méthode bien connue. D’où l’importance de se renseigner.
Pour l’adoption : 30 000 couples ont un agrément pour une adoption et 5 000 enfants seulement sont à adopter (1 000 Français et 4 000 étrangers). Si l’on autorise l’adoption par les couples homosexuels, on ne fera dons qu’aggraver le problème.
D’autre part, on parle de 300 000 enfants élevés dans des couples homosexuels. Ce chiffre est faux. L’INED les estime à 25 000 à peu près. Ces enfants, comme je l’ai dit plus haut, sont issus, pour la plupart de couples, ils ont un père et une mère et ne sont donc pas concernés par l’adoption, contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire.
On voit bien comment est fait l’amalgame.
GENERATION FA8 : Nous commençons à voir les dégâts produits sur les femmes par l’avortement. Faudra-t-il faire les mêmes expériences sur les enfants avant de constater les méfaits de pratiques, médicalement possibles, mais moralement et psychiquement dangereuses ? Faut-il sacrifier des enfants au désir malsain de certains ?
Je ne parlerai pas de désir malsain, car il est toujours douloureux de ne pas pouvoir avoir d’enfant. Et le désir d’enfant peut être bien réel chez toute personne humaine, quelle que soit son orientation sexuelle.
En revanche, on ne doit en aucun cas, tenter de réparer une souffrance en en programmant une autre. Une société a le devoir absolu et impératif de protéger les plus vulnérables de ses membres. Qu’y a-t-il de plus vulnérable q’un enfant ? Qui plus est, un enfant déjà terriblement blessé par la vie en raison de la perte de ses parents biologiques.
Propos recueillis en novembre 2008.
Les réponses n’engagent que leurs auteurs et non notre organisation.