Je pars du principe que participer aux élections, c’est en quelque sorte - à quelques exceptions près - cautionner la démocratie. Je ne répéterai jamais assez que le système démocratique demeure intrinsèquement mauvais. Il ne s'agit pas de dire que ce système demeure nocif au prétexte que les Français boudent les élections régionales pour la moitié d’entre eux (si ce n'est plus, car personne ne comptabilise nos compatriotes qui ne prennent même pas le soin de s'inscrire sur les listes électorales) mais de considérer avec sérieux et lucidité les ressorts de la démocratie qui sont entre autres : l'argent, la magouille, la démagogie, et surtout cette perverse idéologie des Droits de l'Homme qui place ce dernier au centre du système, en faisant de lui l'alpha et l'oméga de la vie. Ainsi la démocratie se nourrit de l’individualisme et inversement (1).
La démocratie s'est construite contre le pouvoir royal et donc contre la France. Seul le Roi Très Chrétien peut incarner légitimement notre beau et magnifique pays qui naquit un soir de Noël en 496, lors du baptême de Clovis et de ses valeureux guerriers. En abandonnant leur paganisme et leur germanité pour se fondre dans le moule grec, latin, romain et nécessairement catholique, ils donnèrent naissance à la France. Qui peut nier aujourd'hui que notre pays tire son appellation des Francs ? La France n'est pas née en 1789, elle ne sort pas non plus des urnes d'une élection, mais de cette conversion qu'aujourd'hui les hommes prétendument politiques essayent de nier voire de « négationner » (2), au point de retirer du programme scolaire les plus grandes dates de l'histoire de France fondatrices de notre identité grecque, romaine, latine et chrétienne pour apprendre l’histoire de civilisations lointaines (3). Bien évidemment ce discours reste structurel et habituel chez nombre de catholiques et royalistes sérieux. Toutefois, je considère qu'il est préférable de se répéter que ne pas être entendu ou mal compris. Pour faire de la politique sérieusement, il convient toujours de prendre en compte la réalité. Nous vivons dans un régime totalitaire qui prétend revêtir les formes de la liberté, mais celui-ci se définit en fait, comme un des régimes les plus durs sous lequel les Français aient vécu. Aujourd'hui pour être considéré comme un délinquant il ne faut pas tuer ou violer, mais il suffit simplement de rouler sur une route départementale déserte à 60 km/h pour être désigné comme « un délinquant routier. » De même, les dominants tentent par tous les procédés de supprimer la liberté d'expression que permet un outil comme internet par exemple, alors que ces gens se prétendent garants des libertés individuelles et collectives. Quoi qu'il en soit, il n'y a rien d'étonnant à ce que ces gens répriment la liberté d'expression en utilisant tous les moyens en leur pouvoir. Effectivement un de leurs maîtres politiques, pour ne parler que d’un seul, avait déjà dit et écrit à son époque : « Pas de liberté, pour les ennemis de la liberté. » Déjà, ces gens-là se comportaient manifestement comme des censeurs en puissance. Il faut être conscient de cette vérité, pour pouvoir aborder sereinement la réalité qui nous environne et qui reste, quoi qu'en disent les observateurs peu sérieux, très compliquée à appréhender quand on ne dispose pas des grilles de lecture nécessaires.
La devise de la Belgique est l’union fait la force. Déjà en son temps, le très bon Roi Louis XIII avait dit que « La France a bien fait voir qu’étant unie elle est invincible et que de son union dépend de sa grandeur comme sa ruine de sa division. » Aujourd'hui l'heure est à l'union. Certains, des proches, des amis ou des gens que je ne connais pas mais avec lesquels je partage un certain nombre de points communs concernant les analyses politiques, veulent jouer le jeu de la démocratie. N’étant pas démocrate, et voulant être cohérent avec moi-même, il est normal que je m'abstienne lors des élections ou que je glisse un bulletin personnel de type : « Vive le Roi ». Mon dernier vote remonte à mai 2005 lorsque j'avais voté non pour l'adoption du Traité Constitutionnel Européen. A l'époque la mouvance nationale, expression que je n'aime guère mais que j'utilise pour le moment car elle permet à chacun de savoir de quoi je parle, était unie dans sa volonté de militer pour le non. Le résultat fut on ne peut plus éclairant. Avec seulement 30 % de temps de parole dans les médias officiels pour les partisans du non selon les chiffres mêmes du CSA, le résultat des urnes a totalement démenti les politiques qui entendaient nous faire avaler de force le oui. 55 % des votants, avec une forte participation, avaient voté non (4). Preuve s'il en est que lorsque nous sommes unis, en dépit de certaines différences qui peuvent être fondamentales, conjoncturelles, doctrinales voies religieuses, nous pouvons gagner. La prochaine grande échéance pour le pays sera sans nul doute l'élection présidentielle de 2012. A l'heure actuelle, je n’ai aucune raison valable de me déplacer pour voter. Je serai à la rigueur prêt à me déplacer et même à militer, si une candidature unique se manifestait pour notre camp lors de ces élections. La deuxième chose qui me semble importante ou du moins qui m’amènerait à revoir ma position d'abstentionniste, serait que cette candidature unique défendît un programme reprenant l'essentiel de l'essentiel, afin que cette mouvance nationale et les dissidents réels au système pussent travailler ensemble. Il ne s'agirait nullement d'un compromis. Le compromis nationaliste me semble être une erreur aussi bien fondamentale que formelle. Je ne discuterai pas ici du terme nationaliste qui me paraît très mal employé mais seulement du terme compromis. Un compromis est un arrangement dans lequel l'une des parties voire toutes établissent des concessions pour parvenir à un accord. Dans mon optique de candidature unique et d'un projet politique commun à proposer à nos compatriotes, personne ne devra concéder ou abandonner des pans ou des lignes de ses aspirations politiques. Le but serait de trouver, cinq, quinze ou vingt points sur lesquels nous sommes tous d'accord et d’évacuer les aspects qui nous divisent. Les fondamentaux à savoir, l’indépendance française, catholicité de la France, refus d'une Europe technocratique, immigration zéro etc peuvent constituer indéniablement une ligne commune acceptable et acceptée par tous les dissidents sérieux. Le candidat désigné devrait s’engager à ne parler que des points qui auront été acceptés par tous. Cependant, c'est simplement une piste de réflexion que je donne avec cette idée. 2012 est loin mais en même temps elle arrivera très vite. Toutefois si les gens de bonne volonté veulent travailler ensemble, cela laisserait deux ans pour se faire. Deux ans pour apprendre à se parler, à se connaître, à se découvrir, à apprendre, à refermer les vieilles blessures du passé et à oublier les intérêts de boutiques pour pouvoir mettre en place cette candidature unique reposant sur un projet simple mais intransigeant quant au fond, avec l’objectif de se présenter unis et en ordre de bataille pour pouvoir affronter les échéances de 2012 sereinement. D’une manière plus générale, je pense qu'il faudrait sérieusement réfléchir à l'idée de mettre en place ce que j'appelle les « Assises de la cause Française et Européenne ». Les modalités de fonctionnement pourraient être définies en temps voulu. Pour le salut de notre civilisation, il devient urgent de se regrouper non pas pour se faire plaisir, mais en ayant ancré au plus profond de nous-mêmes l'intérêt supérieur de la France et de l'Europe. Bien que n'étant pas germanophobe ou germanophile, je ne peux être qu'attristé de voir par exemple le triste état de l'Allemagne aujourd'hui. Sa survie est menacée et pour s'en rendre compte il suffit d'analyser un tant soit peu les courbes de la démographie. Ainsi le combat que nous menons doit être compris comme une lutte à trois niveaux : spirituel, civilisationnel et français.
Pourtant il ne faut pas s’amuser et se raconter d'histoires. Les esprits lucides de notre camp au sens large du terme, savent très bien que nous ne changerons rien par la démocratie et que le salut ne viendra sûrement pas des élections quelles qu'elles soient. Participer au système en se présentant aux élections de manière dispersée, ne me paraît pas être une bonne solution. Y participer avec une candidature unique, défendant un projet simple, efficace et populaire, tout en dénonçant la nocivité de ce système républicain me paraît être une solution intermédiaire. Les élections ne sont qu'un moyen et non pas une fin et encore moins quelque chose d'absolu. La situation de notre pays empire et elle empirera encore plus dans les prochaines années. A ce sujet, les réformes juridiques ou constitutionnelles ne seront que des pansements appliqués sur une jambe de bois. Elles ne sauveront pas le pays et ne nous sortirons pas de la dramatique situation dans laquelle nous nous trouvons. Les lois et autres décrets n’amélioreront pas notre quotidien et n’assureront nullement la pérennité de notre civilisation. Dans mon optique, participer aux élections - je le répète de manière unie avec un programme simple mais terriblement efficace –, doit être considéré que comme un moyen d'occuper les postes, de créer du réseau et de réaliser un point d'appui ou un pont entre tous les dissidents honnêtes et sincères qui existent dans notre pays. Celui-ci se porte trop mal pour que la situation change positivement par la seule action politique. De même occuper les places pour le bonheur de les occuper ne sert pas à grand-chose, si ce n'est à se remplir la panse. En revanche, les prendre en vue de la conquête de l'Etat lorsque la situation l’exigera me semble être une excellente solution. Quand le pays implosera, il faudra bien des gens honnêtes pour pouvoir rallier les points vitaux de notre administration car ceux qui nous gouvernent prendront la poudre d'escampette et nous n'entendrons plus jamais parler d’eux.
Franck ABED
Ecrivain, essayiste
http://www.franckabed.com/
(1) Lire également, Démocratie, nationalisme : alliés ou adversaires ?
(2) Négationner : néologisme que j’ai créé qui signifie nier les évidences.
(3) Je ne conteste pas que nos petits apprennent l’histoire d’autres pays, encore faudrait-il qu’ils commencent par savoir qui sont : Clovis, Charlemagne, Hugues Capet, Saint-Louis et Jeanne d’Arc avant d’apprendre autres choses. Pour bien connaître l’histoire du monde il faut d’abord connaître la sienne.
(4) Par la suite le traité a été adopté par les Chambres selon la volonté du Président de la République Nicolas SARKOZY, ce qui constitue un acte de haute trahison envers la France.